I. Bref résumé des grandes évolutions de l’économie congolaise depuis 1960 jusqu’en 2014

Les grandes évolutions de l’économie congolaise peuvent être circonscrites globalement en quatre périodes, à savoir :

  • 1959 à 1973 : Croissance et inflation modérée ;
  • 1974-1988 : Ralentissement de la croissance et inflation ouverte ;
  • 1989-2001 : Déclin de la croissance, Destruction des richesses et hyperinflation ;
  • 2002-2014 : Reprise de la croissance et d’inflation sous contrôle.

1. Croissance et inflation modérée

Forte des infrastructures et de l’organisation issue de la colonisation, l’économie congolaise est marquée, au cours de la période de 1960 à 1973par l’accumulation des richesses intérieures. Ce processus a été toutefois affecté par les turbulences politiques de cinq premières années de l’Indépendance et les faiblesses au niveau de la gestion des Finances Publiques.

Les efforts de redressement économique entrepris entre fin 1967 et fin 1973 ont permis de rehausser la croissance économique. Ils ont coïncidé avec un environnement international favorable porté par la hausse du cours du Cuivre. Ces deux éléments ont déterminé les résultats positifs enregistrés au cours de cette période caractérisée par une croissance du PIB réel de 2,7% et une hausse du niveau général des prix de 27% en moyenne annuelle.

2. Ralentissement de la croissance et inflation ouverte

Cette période, marquée par une croissance de 0,03% et une inflation de 57,6% en moyenne annuelle, comprend deux phases :

La phase de 1974 à 1982 est caractérisée par des mauvais choix en matière de politique économique ayant abouti au surendettement du pays dans le cadre de financement des grands travaux (INGA I et II, CCIZ, Sidérurgie de MALUKU…) sous le sceau de la corruption et de rétro-commissions.

Dans un contexte international caractérisé par deux chocs pétroliers (quintuplement et quadruplement du prix du baril respectivement en 1973 et 1976) et la chute du cours du Cuivre en 1975 ( après l’échec de la stratégie mise en œuvre par le CIPEC, Conseil Intergouvernemental des Pays Producteurs et Exportateurs du Cuivre), les mesures ratées de Zaïrianisation ou nationalisation, de Radicalisation ou Étatisation et enfin de Rétrocession, la gestion peu orthodoxe des Finances Publiques, le caractère accommodant de la politique monétaire et les coûts liés à l’ajustement tardif de la politique de change (passage avec beaucoup des retards de la fixité du régime des changes au flottement) ont eu comme conséquences l’arrêt du processus de création des richesses intérieures.

La phase de 1983 à 1989 est celle des efforts d’ajustement de l’économie grâce aux mesures d’assainissement de la politique budgétaire et des réformes entreprises au niveau de la politique monétaire (libéralisation des taux d’intérêt), de la politique de change (adoption du régime des changes flottants et assouplissement de la réglementation de change). Toutefois, ces politiques de gestion de la demande n’ont pas été relayées par des politiques de portée structurelle et des initiatives de développement.

3. Déclin de la croissance, destruction des richesses, hyperinflation et paupérisation généralisée de la population

La période de 1989 à 2001 est celle du déclin de l’économie et de la société congolaise. La longue transition politique marque non seulement le couronnement de l’instabilité institutionnelle (plus de 12 gouvernements en l’espace de 10 ans) mais surtout de malaises sociaux (événements de LUBUMBASHI en 1990, conflits interethniques en 1991 et 1992, grèves, contestations populaires, villes mortes…) et économiques (hyperinflation, pillages de l’outil de production et de commercialisation des entreprises en 1991 et 1993, rupture de la coopération bilatérale et multilatérale..).

Le désordre des Finances Publiques est attesté par des déficits insoutenables du trésor financés presque exclusivement par les avances directes de la Banque Centrale avec comme conséquence la dépréciation rapide du taux de change et la hausse vertigineuse des prix intérieurs, respectivement 98% et 9800% en 1994. Les conflits armés, après l’échec de la Conférence Nationale, ont eu des impacts graves tant sur la situation sociale qu’économique. Au cours de cette période, le PIB Réel a reculé de 4,5% en moyenne. La hausse du niveau général des prix a été de près de 2.000 % en moyenne. L’incidence de la pauvreté est établie en moyenne à 80% et le taux de chômage à 84%.

4. Reprise de la croissance et inflation sous contrôle (2001 à nos jours)

Au cours de cette période, coïncidant avec la reprise de la coopération multilatérale et bilatérale, les résultats économiques ont été surtout le fait de l’application des politiques économiques conjoncturelles restrictives et de certaines réformes structurelles de première génération (partenariat dans le secteur minier, guichet unique au Port de MATADI, mise en place de la chaîne la dépense, indépendance de la Banque Centrale, liquidation des banques en difficulté).

Ces politiques ont permis de casser l’hyperinflation (hausse du niveau général des prix de 17% en moyenne annuelle, de relancer la croissance économique, de réduire le chômage (passant de 84% à 40 % en moyenne) et la pauvreté de 80% à 63%.

Au cours de ces trois dernières années (2012 à 2014), les résultats économiques de la RDC ont été remarquables au plan de la croissance économique (moyenne de 8,2% contre 5,3% pour l’Afrique Subsaharienne) et de l’inflation (1,6% en moyenne contre 7,1% pour l’Afrique Subsaharienne). Cette croissance demeure résiliente : située à 6,1% en moyenne, cinq ans avant la crise financière de 2009 où elle est tombée à 2,8%, la variation du PIB réel est passée à 7,7% cinq ans après. Pour l’Afrique au Sud du Sahara, de 7,1% avant la crise où elle a été ramenée à 4,1%, la croissance est établie à 5,3%, cinq ans après. Au regard de l’amélioration de la croissance dans un environnement de faible inflation, le ratio de sacrifice de l’économie congolaise est quasi nul.

Cependant, des faiblesses continuent à caractériser la mobilisation des recettes internes (rapport recettes publiques hors dons de 13,9% en moyenne en pourcentage du PIB contre 21,1% pour l’Afrique Subsaharienne), le niveau des réserves (2 mois d’autonomie pour 5,2 pour l’Afrique), l’accès au marché d’emploi (surtout pour les jeunes et les femmes), la qualité des infrastructures. C’est à quoi s’attelle présentement le Gouvernement dont la préoccupation majeure est la transformation structurelle de l’économie en vue de l’accélération de l’émergence. Sur ce, tous les projets d’investissements privés qui viennent se greffer dans ce processus de transformation ne pourront qu’être soutenus et encouragés par les Autorités à travers l’Agence Nationale de Promotion pour les investissements.

II. Quelques illustrations de l’économie congolaise par graphiques et tableaux

II.1. Secteur réel

http://www.investindrc.cd/fr/IMG/png/graph1.pngSource : BCC et INS

http://www.investindrc.cd/fr/IMG/png/graphique2.pngSource : BCC et INS

http://www.investindrc.cd/fr/IMG/png/graphique3-2.pngSource : BCC

http://www.investindrc.cd/fr/IMG/png/graphique4.pngSource : BCC

Le regain de l’activité économique au cours de la décennie 2000 reste principalement marqué par les performances enregistrées au niveau du secteur primaire (principalement l’extraction minière et pétrolière). En effet, entre 2010 et 2014, la contribution moyenne de ce secteur à la croissance a été de 67,9%, nettement supérieure à sa contribution moyenne avant 2009 qui s’élevait à environ 17,6% entre 2006 et 2008. Le secteur secondaire (manufacture, bâtiments, industrie alimentaire) s’est également montré résilient avec une contribution moyenne de 11,7% après 2009 contre 2,6% entre 2006 et 2008.

Tableau 1. Contribution (valeurs ajoutées en milliards de CDF de 2005) : 2005 – 2014

http://www.investindrc.cd/fr/IMG/png/tableau1-3.pngSource : BCC

II.2. Secteur des Finances Publiques

http://www.investindrc.cd/fr/IMG/png/graphique5.pngSource : Rapport du FMI sur les perspectives économiques régionales, Afrique Subsaharienne, octobre 2014.

http://www.investindrc.cd/fr/IMG/png/graphique6.pngSource : Rapport du FMI sur les perspectives économiques régionales, Afrique Subsaharienne, octobre 2014.

II.3. Secteur Extérieur

http://www.investindrc.cd/fr/IMG/png/graphique7.pngSource : BCC

http://www.investindrc.cd/fr/IMG/png/graphique8.pngSource : BCC

Tableau 2. Position extérieure congolaise : 2004 – 2014.

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En termes de niveau, les réserves internationales sont passées de 450 millions d’USD en 2004-2008 à 1,65 milliards de USD en 2014. En mois d’importation, l’autonomie est passée de 0,4 mois (1,6 semaines) à 1,98 mois (7,9 semaines) - valeurs respectivement en deçà de la moyenne Subsaharienne.

Tableau 3. Composantes de la Balance des paiements (en millions de USD)

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Le déficit du solde du compte courant est arrêté à 2,3 milliards de USD en moyenne au cours de la période sous revue. Il est largement compensé par les entrées nettes au niveau du compte de capital et opérations financières d’un montant de 4,9 milliards de USD en moyenne. D’où un solde global positif de 2,6 milliards de USD.

II.4. Secteur monétaire

http://www.investindrc.cd/fr/IMG/png/graph9.pngSource : BCC

II.5. Indicateurs sociaux et le marché de l’emploi

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En dépit de leurs niveaux encore préoccupants, les principaux indicateurs sociaux ont connu une évolution positive entre 2009 et 2012. Le taux de chômage est en baisse constante depuis 2012. Il aurait reculé d’environ 6,1 points entre 2012 et 2014.